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Un parfum de rose de Jean Siccardi

Un dimanche après-midi du mois d'avril, Albert avait croisé Clara sur le boulevard du Jeu-de-Ballon. Il flânait d'un pas nonchalant dans la foule des badauds. C'était la fête des fleurs et des parfums à Grasse. Les occasions de se distraire se multipliaient dans le canton, on commémorait tous les saints patrons : Marc en avril, Marguerite en juillet, Joseph en mars, Pancrace au mois d'août, etc... Chaque village rivalisait d'initiatives et prouvait ainsi qu'il n'avait aucunement besoin des distractions mondaines de la Riviera. Mais souvent, au cours de ces fêtes, des bagarres éclataient entre bandes rivales venues des bourgs voisins. Ces batailleurs de fin de semaine semaient la terreur au son de l'orchestre.
Cette manifestation attirait des visiteurs de toute la région et même des villes frontalières comme Cuneo, Vintimille ou encore San Reno. Drapeaux et rubans flottaient aux rambardes. Un immense défilé au rythme des tambourins ouvrait les festivités. Les chars, organisés par les ouvriers, représentaient l'activité de chaque fabrique. Le corso débutait par la naissance des parfums. Sur une petite charrette, on distillait des plants de bigaradiers. Une gigantesque cornue dépassait les ridelles. Suivait, à cheval, la princesse Néroli, personnifiée par une reine de l'Académie provençale, escortée par des cueilleuses de fleurs d'oranger aux coupes remplies de pétales.
Les tombereaux chargés d'alambics distillatoires venaient ensuite, puis les ramasseuses de jasmin, de violettes, de roses, avec leurs paniers. Une colonne de mulets transportait des chargements de pommades, les coupeurs de lavande défilaient avec leur serpette, des fillettes portaient des châssis enfleurés de tubéreuses, de mimosas, de verveine, de giroflée. Le ministre du Commerce, en présence du sénateur, du député, du conseiller général et du maire, fit un discours à la gloire de la cité, sous les ovations du public.

Extrait du roman Un parfum de rose de Jean Siccardi paru aux Presses de la Cité dans la collection Trésors de France. Extrait tiré de notre Almanach Des Terres de France - Presses de la Cité 2018.

Quatrième de couverture :

Grasse, en 1920. Alors que l'industrie de la parfumerie atteint son apogée, intrigues et passions bouleversent l'univers secret des producteurs de roses Centifolia, la rose de mai, aux fragrances si rares.

Hélène et Elvire Rabuis, jumelles, filles de forgeron, rousses comme le feu et l'orge, ont souffert durant leur enfance de la pauvreté. Elles décident un jour d'user de leur intelligence et de leur beauté pour réussir. Elvire se fait embaucher chez Albert Maillan, le principal producteur de roses du pays. Celui-ci, rêveur et poète, tente de percer les mystères de cette fleur fascinante. Ses recherches éblouissent l'ensemble de la profession. Ambitieuses et jalouses, les jumelles imaginent une machination diabolique afin de capter les propriétés, les inventions et la richesse d'Albert Maillan.

A propos de l'auteur :

Né à Nice, Jean Siccardi vit à Saint-Cézaire dans une ancienne chapelle qui domine Cannes, l’Esterel et la Méditerranée. Il partage avec quelques millions de citoyens de Marseille, Nice et Menton le privilège de porter un nom italien : celui de ses grands-parents qui, au début du xxe siècle, ont émigré du Piémont vers la France, dans le comté de Nice. C’est dans ses racines qu’il puise les sentiments et les personnages qui font la force brutale, romantique et drôle de ses histoires.

La Méditerranée au sens très large de ses frontières, de l’Espagne à l’Italie, le conduit à découvrir à chaque saison le bonheur tout naturel d’être du Grand Sud et de fouler les traces de Giono, Bosco, Suarès.

Auteur d’ouvrages poétiques, d’albums pour la jeunesse, de pièces de théâtre et de romans, Jean Siccardi est un polymorphe de l’écriture. Pour lui le travail d’écrivain est un véritable métier que l’on ne peut partager avec rien d’autre ; une vie entière hors des modes, des courants et des écoles. “ On doit consacrer sa vie entière à son métier d’écrivain, sans aucune concession ni indulgence. ”

Il contribue aussi à des formations pour les maîtres, les éducateurs et les animateurs sur le thème des ateliers d’écriture. Il est à l’origine de nombreuses expériences d’écriture depuis 1972, dans les quartiers sensibles, les cités, les ZEP...

Je vous souhaite un bel après-midi à vous tous qui passez par là, en silence ou en me laissant un petit mot. Un grand merci à mes fidèles qui me laissent des petits mots depuis de si longues années, depuis la création de mon petit univers qu'est ce blog : 2009 ! Je suis bien en retard dans mes visites mais j'ai beaucoup à lire. Il faut que j'avance un peu plus vite mais j'aime savourer chacune de mes lectures.