LA GOSSE - NADIA DAAM
La gosse - Nadia Daam - Grasset :
Quatrième de couverture :
"Souvent, quand on traîne devant la télé en mangeant des tartines, je m'empêche de roucouler -mais que tu es belle-. Si je lui dis qu'elle a un cou de cygne et des yeux de faon, elle s'en fout, elle ne me croit pas. Et moi, je suis persuadée d'avoir fabriqué ce qui se rapproche le plus d'un mélange de fée Clochette et un soliflore en cristal.
Mais voilà, personne ne m'avait expliqué qu'en grandissant, la gosse me regarderait de haut et de travers. Elle se crispe quand je corrige sa grammaire, souffle quand je lui demande de se-coucher-il-est-tard, se lève si je parle pendant un film. Je crois que parfois, elle me trouve un peu conne".
Nadia Daam élève seule sa fille adolescente, et c'est toute une histoire. Son humour féroce révèle les contradictions qui traversent notre époque - et nous avec.
Le livre :
"Tu verras avec une fille, c'est plus facile". C'est avec ces mots qu'on a voulu me rassurer, il y a 18 ans, quand j'ai annoncé le sexe de mon bébé à venir. Cela ne m'a ni surprise ni dérangée. Je me sentais davantage capable avec un enfant de mon espèce et n'en ai pas saisi les conséquences. Une fille, c'est "plus facile", mais facile à quoi, pour qui, et pourquoi ?
Je pensais, les toutes premières années, qu'il n'y avait rien de plus dur qu'être privée de sommeil et de temps pour moi. C'est faux. Tenir éloignée une Gosse qui devient femme de tous les désastres liés à son genre est bien plus éprouvant. Même - surtout ? - si l'on se targue d'être féministe et d'avoir pour nouvelle génération de grands desseins réparateurs.
La Gosse, ma fille, a grandi et creusé l'écart qui nous sépare. Elle s'élance, je me tasse. Elle veut arpenter la ville et le monde, je ne cours même plus pour attraper le bus. Elle pleure devant Sex Education, sur Netflix, moi pendant les pubs pour les conventions obsèques. La Gosse est de moins en moins gosse. Ni facile, ni difficile (même si elle est objectivement un peu chiante, parfois). Au moins, j'ai retrouvé le sommeil, sauf quand elle sort le soir. N.D.
Comment être nostalgique de l'enfance de son enfant sans la figer ? Comment la prémunir de la violence des hommes sans la cloîtrer ? Comment lui conter ses romances calamiteuses sans la décourager d'oser l'amour ? Comment la regarder se faire belle quand on vient tout juste de faire le choix de renoncer, avec soulagement et les cheveux sales, à se rendre désirable ?
Nadia Daam passe au crible épreuves, questions, doutes et moments tendres. La chronique espiègle d'une famille d'aujourd'hui, ou l'odyssée drôle et douce d'une mère tentant de comprendre cette étrange personne : sa fille adolescente.
Mon avis :
Je suis entrée de suite dans le récit de Nadia Daam qui nous parle de sa vie avec sa fille devenue adolescente. Elle élève seule sa Gosse. Le papa de sa gosse est décédé subitement quand sa fille avait onze ans.
Nadia s'interroge beaucoup sur sa façon d'être mère, par moment, elle culpabilise, se pose énormément de questions sur l'éducation qu'elle apporte à sa Gosse et ce, depuis sa plus tendre enfance. Si elle à "juste" ou "tout faux" ! Pas toujours facile les relations "mère-fille" dans notre monde d'aujourd'hui. Le passage de l'enfance à l'adolescence, tout sonne vrai. Un ouvrage à lire... A méditer...
L'auteur :
Nadia Daam est journaliste. Elle a collaboré avec plusieurs médias audiovisuels et de presse écrite (France 5, Slate.fr, Arte, Europe1). Elle a produit l'émission "Modern Love" sur France inter et aujourd'hui y tient la chronique "Famille & co". Elle s'intéresse particulièrement aux questions de parentalité et de féminisme.
J'ai écouté Nadia Daam quand elle a été reçue dans La Grande Librairie animée par Augustin Trapenard sur France 5 et je remercie l'excellente maison d'édition Grasset de m'avoir permis de lire cet ouvrage en service presse. Ouvrage où tout sonne tellement vrai.
Un formidable témoignage sur l'adolescence d'aujourd'hui. A lire.
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