LA GRANDE LIBRAIRIE - AUGUSTIN TRAPENARD - FRANCE 5 - MERCREDI 24 AVRIL 2024 :
Messieurs, encore un effort... - Elisabeth Badinter - Flammarion - Plon
Les pays industrialisés ont entamé, depuis quelques années, un lent repli démographique. Longtemps, la France a conservé une belle natalité, mais ce n’est aujourd’hui plus le cas, et la voilà qui, lentement mais sûrement, s’approche à son tour du solde naturel négatif, avec toutes les conséquences sociales qu’on peut imaginer.
Quant aux raisons de ce phénomène, chacun y va de son explication : effet des crises à répétition ? Menace écologique ? Perte de confiance dans le monde à venir ? Elisabeth Badinter pointe la dureté de la condition maternelle, principale cause du désengagement des femmes.
Faire un bébé aujourd’hui, c’est accepter une moindre rémunération tout en assumant les contraintes de la double journée, c’est supporter, bien davantage que le père, le poids psychologique de la parentalité. Les mentalités évoluent, dit-on… Pas assez, et sûrement pas assez vite, et même les politiques natalistes sont insuffisantes, qui ciblent les aides à la petite enfance, alors que la charge mentale des mères se prolonge bien au-delà.
Une nouvelle ère de la maternité se dessine : mieux éduquées, les femmes font vite le calcul des plaisirs et des peines. Si l’égalité entre les sexes ne progresse pas plus radicalement, et jusque dans l’intimité des couples, il ne faut pas s’étonner qu’elles refusent d’être les éternelles perdantes.
Élisabeth Badinter, philosophe et spécialiste de la pensée des Lumières, est l'auteur, entre autres, de L'Amour en plus (Flammarion, 1980, réédition 2010), L'Un est l'autre (Odile Jacob, 1986), Fausse Route (Odile Jacob, 2003) et d'une magnifique histoire intellectuelle du siècle des Lumières chez Fayard (3 vol.). Elle a publié Le Pouvoir au féminin (Flammarion, 2016) et Les conflits d'une mère (Flammarion, 2020) consacré à Marie-Thérèse d'Autriche.
Monique s'évade - Edouard Louis - Seuil :
Une nuit, j’ai reçu un appel de ma mère. Elle me disait au téléphone que l’homme avec qui elle vivait était ivre et qu’il l’insultait. Cela faisait plusieurs années que la même scène se reproduisait : cet homme buvait et une fois sous l’influence de l’alcool il l’attaquait avec des mots d’une violence extrême. Elle qui avait quitté mon père quelques années plus tôt pour échapper à l’enfermement domestique se retrouvait à nouveau piégée. Elle me l’avait caché pour ne pas «m’inquiéter» mais cette nuit-là était celle de trop.
Je lui ai conseillé de partir, sans attendre. Mais comment vivre, et où, sans argent, sans diplômes, sans permis de conduire, parce qu’on a passé sa vie à élever des enfants et à subir la brutalité masculine ?
Ce livre est le récit d’une évasion.
É. L.
Édouard Louis est l’auteur de plusieurs ouvrages autobiographiques, traduits dans une trentaine de langues.
Disparition inquiétante d'une femme de 56 ans - Anne Plantagenet - Seuil :
Marseille, juin 2022, une femme disparaît.
Elle a quitté la clinique où elle était hospitalisée et s’est évanouie dans la nature. Un an auparavant, elle avait voulu se suicider dans l’usine où elle travaillait à la chaîne depuis trente-six ans.
Un appel à témoins est lancé, mais les jours passent et rien, le désert. Une anonyme, une ouvrière.
Elle s’appelait Letizia Storti. Je l’ai un peu connue.
Ce livre tente de lui redonner un visage et un nom.
Anne Plantagenet est née en Bourgogne en 1972, et a passé son enfance en Champagne. Après avoir séjourné à Londres et à Séville, elle vit aujourd'hui à Paris.
Elle est auteur de romans (Seule au rendez-vous, Robert Laffont, 2005 ; Un coup de corne fut mon premier baiser, Ramsay, 1998), de biographies (Marilyn Monroe, Folio biographies, 2007 ; Manolete, le calife foudroyé, Ramsay, 2005 et Ramsay poche, 2007), de nouvelles (Pour les siècles des siècles, Stock, 2008) et de nombreuses traductions de textes espagnols et sud-américains.
Reine - Pauline Guéna - Denoël :
«Il se réveille en sursaut. Les cris et les rires des enfants ne sont pas ceux de l’école du village, mais c’est bien l’odeur sèche du béton et celle, suffocante, de la tôle chauffée à blanc qui ont mêlé dans sa sueur et dans la crasse les années et les lieux. Il se redresse, sa prise sur l’arme resserrée, aux aguets. Les enfants se sont tus. Comme les oiseaux».
Marco est tueur à gages. C’est un professionnel fiable et efficace qui a toujours honoré ses contrats. Jusqu’à ce jour d’été où Marco va tuer par amour.
Sa cavale commence. À ses trousses, le milieu, la police et un jeune journaliste en quête de gloire. Devant lui, rien d’autre que l’été qui n’en finit pas, et la femme qu’il aime.
Née en 1976, Pauline Guéna, ancienne élève de l'ENS Lyon, est romancière (Le Fleuve en 2005 (prix Edmée de la Rochefoucauld), Pannonica en 2007) et scénariste. Elle a coécrit de nombreux ouvrages, entre autres Les Frégates de Taiwan avec le juge Thierry Jean-Pierre, Un conte de fée républicain avec Safia Otokoré ou encore Une Fleur dans les glaces de Géraldine Danon . Elle travaille actuellement à un projet de livre avec Charlotte Rotman sur les femmes, la maternité et le travail. Elle a déjà collaboré avec Guillaume Binet sur des reportages Voyages pour l’Express Style.
La gosse - Nadia Daam - Grasset :
«Tu verras avec une fille, c’est plus facile». C’est avec ces mots qu’on a voulu me rassurer, il y a 18 ans, quand j’ai annoncé le sexe de mon bébé à venir. Ça ne m’a ni surprise ni dérangée. Je me sentais davantage capable avec un enfant de mon espèce et n’en ai pas saisi les conséquences. Une fille, c’est «plus facile», mais facile à quoi, pour qui, et pourquoi ?
Je pensais, les toutes premières années, qu’il n’y avait rien de plus dur qu’être privée de sommeil et de temps pour moi. C’est faux. Tenir éloignée une Gosse qui devient une femme de tous les désastres liés à son genre est bien plus éprouvant. Même – surtout ? - si l’on se targue d’être féministe et d’avoir pour la nouvelle génération de grands desseins réparateurs.
La Gosse, ma fille, a grandi et creusé l’écart qui nous sépare. Elle s’élance, je me tasse. Elle veut arpenter la ville et le monde, je ne cours même plus pour attraper le bus. Elle pleure devant Sex Education, sur Netflix, moi pendant les pubs pour les conventions obsèques. La Gosse est de moins en moins gosse. Ni facile, ni difficile (même si elle est objectivement un peu chiante, parfois). Au moins, j’ai retrouvé le sommeil, sauf quand elle sort le soir.
N.D.
Comment être nostalgique de l’enfance de son enfant sans la figer ? Comment la prémunir de la violence des hommes sans la cloitrer ? Comment lui conter ses romances calamiteuses sans la décourager d’oser l’amour ? Comment la regarder se faire belle quand on vient tout juste de faire le choix de renoncer, avec soulagement et les cheveux sales, à se rendre désirable ?
Nadia Daam passe au crible épreuves, questions, doutes et moments tendres. La chronique espiègle d’une famille d’aujourd’hui, ou l’odyssée drôle et douce d’une mère tentant de comprendre cette étrange personne : sa fille adolescente.
Nadia Daam est journaliste. Elle a collaboré avec plusieurs médias audiovisuels et de presse écrite (France 5, Slate.fr, Arte, Europe1). Elle a produit l’émission «Modern Love» sur France inter et y aujourd’hui tient la chronique «Famille & co». Elle s’intéresse particulièrement aux questions de parentalité et de féminisme.
La Grande Librairie, une émission passionnante encore ce soir... Cliquez ICI, à voir et à revoir...
Merci Augustin Trapenard tout simplement et bonnes lectures à vous toutes et à vous tous.
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