LE RUCHER DU PERE VOIRNOT - FREDERIQUE VOLOT - TERRES DE FRANCE - PRESSES DE LA CITE

Le Rucher du père Voirnot de Frédérique Volot

Depuis le coup des écrevisses, il avait fait un temps superbe. Trois semaines d'alternance : pluie la nuit, soleil le jour. Après les foins, l'herbe avait repoussé comme jamais. On était en pleine période de regains à la Crouillarde, le long du chemin de Vandières. Les Durepoix-Mankiewicz y possédaient les meilleures terres, grasses et riches, juste en dessous des Crauques où ils possédaient le plus important arpent de vignes. Ils laissaient en prairie les champs en pente. Au niveau du Trey, ils cultivaient du blé, du sainfoin, des pommes de terre, des navets, du houblon parfois.
Le soleil de midi brûlait le cuir des hommes. L'herbe piquait. Les mouches, les taons s'acharnaient sur les bêtes qui répliquaient à grands coups de queue sur les flancs, de tête et de sabots. En vain. Les bestioles revenaient, plus enragées encore, ivres du sang et de la sueur des chevaux. Hommes et bêtes en avaient plein le dos. Il fallait faire une pause. On s'achemina alors en bordure du ruisseau et on profita de l'ombre des saules pour casser la croûte : pain, lard, fromage et vin, bien sûr. Là, il faisait bon. Réunis tous ensemble, on était bien. Comme d'habitude, le grand Phonse sortait des histoire drôles dont on se demandait toujours de qui il pouvait les tenir. Lélette n'était pas en reste et lui tenait la dragée haute. Quant-à Emile, assis dos au chêne, brûle-gueule en bouche, mains croisées sur la poitrine, il fermait les yeux pour mieux sentir les parfums distillés par la brise légère. Il flairait la pluie, bonne pour la terre, les vignes, les bois et les champignons qu'il convoitait déjà avec gourmandise. Il savait qu'elle allait revenir cette nuit. Une pluie d'orage épaisse et lourde comme il les aimait. Il ne fallait donc pas traîner et finir de rentrer les regains avant ce soir. Emile entrouvrit à peine lesa paupières pour observer Céleste, si près de lui. Elle riait souvent, dévoilant des dents d'une blancheur et d'un alignement parfaits. Et sa chemise au col relâché qui laissait apparaître la naissance des seins... Rêvait-il à présent ? Il lui semblait qu'elle posait sur lui des yeux envieux et qu'elle dansait devant lui. Une danse qui l'invitait à la rejoindre...

Extrait du roman Le Rucher du père Voirnot de Frédérique Volot paru aux Presses de la Cité dans la collection Trésors de France le 26 mai 2011, cliquez ICI.

Extrait tiré de notre excellent Almanach Des Terres de France, cliquez ICI.

Aujourd'hui, c'est donc avec ce très bon roman -ouvrage disponible ou à commander dans la librairie la plus proche de chez vous, pour nous, notre Librairie Passerelles de Vienne, que :

Je vous souhaite un très bon dimanche et
BONNE LECTURE !

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