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Les Anges maudits de Tourlaville d'Yves Jacob

Quant à Jean IV, il est une activité où il l'emportait sur ses cadets. C'était la chasse. Qu'elle fût au cerf, au loup, au renard, au sanglier, au petit gibier à poil et à plume, nul mieux que l'aîné des Tourlaville, pas même le maître de céans, ne savait déchiffrer des traces d'animaux dans la neige, dans la boue des chasses ou dans les feuillages brisés des fourrés et des taillis. Nul mieux que lui ne savait commander à la meute des lévriers, épagneuls, dogues, chiens normands et anglais qui peuplaient le chenil du domaine, et il fallait le voir conduire éperviers et furets. Enfin il était passé maître dans l'art de tendre des pièges et de placer des filets.
Un seul regard lui suffisait pour déterminer que des sangliers étaient venus dérober des pommes dans le jardin ou le pressoir. Il dénombrait combien de loups avaient tué certaines nuits une brebis, un veau, une génisse dans les pacages, une vache munie d'une clochette paissant en semi-liberté dans la forêt de Brix.
Jean de Tourlaville se félicitait d'avoir un tel fils. Il était l'aîné. La fiefferme lui reviendrait de droit le moment venu. Perdrix, sarcelles, ramiers de toutes plumes emprisonnés dans les filets, cygnes dérivant nonchalants sur l'étang, hérons à l'affût dans les ajoncs et les roseaux, renards égorgeant les volailles, sangliers détruisant les récoltes, loups répandant la terreur n'auraient qu'à bien se tenir. Et les braconniers. Apre au bien et au combat, Jean IV leur mènerait une lutte de chaque instant. La forêt de Brix était immense, la patience et la passion de l'aîné des Tourlaville aussi.

Extrait du roman Les Anges maudits de Tourlaville d'Yves Jacob paru aux Presses de la Cité dans la collection Trésors de France.
Extrait repris dans l'Almanach des Terres de France.

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